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Réalisations

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Pôle social et culturel

Cabourg (14)

Culture

Pôle social et culturel

Année de livraison :

2019

Surface de plancher (en m2) :

532

Coût total (en € HT) :

1,6 M€

Maître d'ouvrage :

Ville de Cabourg

Maître d'oeuvre :

Lemoal Lemoal Architectes

Bureau d'étude bois :

Prisme Ingénierie

Entreprise(s) lots bois :

Deschamps SA (73) - Charpente

La Fraternelle (14) - Menuiseries

Utilisation du douglas :

La structure bois est constituée de portiques en lamellé-collé Douglas d’une portée de 7,5m, elle permet de dégager des volumes généreux (47m3 de sections 140*360 à 140*600 ont été mis en œuvre en classe d’emploi 3.1). La lumière apportée par les larges vitrages est maitrisée par des brise-soleil en Douglas massif (3,8 m3 utilisés en classe d’emploi 3.1 - traitement par trempage).

Pôle social et culturel

Descriptif :

Le projet résulte de la volonté de la mairie de Cabourg de regrouper sur un même site ses services culturel et social. Les architectes ont souhaité ancrer leur proposition dans son territoire. Ils apportent, d’une part, une réponse urbaine en revitalisant une parcelle autrefois enclavée et, d’autre part, une solution durable en utilisant des savoir-faire et des matériaux locaux.

 

Contexte : La parcelle affectée au pôle social et culturel de la ville est enclavée entre un centre de protection maternelle et infantile et un parking. Cette situation particulière, à l’écart des flux de la rue, soulève d’emblée la question de la visibilité et de l’accès au projet. Les architectes proposent de prendre parti de cette spécificité pour affirmer le caractère public de l’équipement. Ils choisissent de réorganiser le maillage des voies en ouvrant largement le terrain sur la ville pour rendre possible la liaison entre le centre-ville et le quartier résidentiel au nord. Ils incitent les piétons à traverser le site et à le pratiquer pour en faire une nouvelle place publique.

 

Principe : Alors que le programme suggérait de construire un bâtiment unique regroupant les entités sociales et culturelles du projet, les architectes choisissent de scinder leur proposition en deux édifices distincts. Construits en forme de L, ils délimitent une nouvelle place publique vers laquelle sont orientées toutes les ouvertures. Quasiment identiques, les deux entités reprennent l’archétype de l’architecture normande et de ses imposantes toitures en terre cuite. La proposition architecturale s’inscrit dans la démarche que développe l’agence Lemoal Lemoal dans l’ensemble de ses projets : une conception fonctionnelle, ancrée dans un territoire, qui révèle sa richesse dans la précision de ses détails d’exécution.

 

Morphologie : Les deux bâtiments qui composent le projet se distinguent par leur morphologie en L. Les corps des édifices, s’étirant dans la longueur, s’ouvrent largement vers l’intérieur de la parcelle. Insérées dans la trame régulière des portiques en bois, des baies vitrées baignent d’une lumière naturelle les espaces des pôles composants chacun des bâtiments, le pôle social d’une part et le pôle culturel d’autre part. Les façades tournées vers la ville présentent, quant à elles, l’uniformité du revêtement en tuiles de terre cuite. Elément monolithique, le projet devient un marqueur dans l’espace urbain.

 

Pôle culturel : L’édifice du pôle culturel, situé au nord de la parcelle, participe à l’animation de la ville en accueillant une médiathèque et une ludothèque. L’organisation du programme permet de rendre visible les activités du pôle. Alors que les espaces servant – stockage, toilettes et réserve – sont placés à l’arrière du bâtiment, les salles de lecture et de jeu s’ouvrent sur la place publique.

 

Pôle social : Dessiné en symétrie par rapport au pôle culturel, le bâtiment du pôle social reprend le même principe d’organisation. Il se distingue, sur son aile la plus longue, par une circulation centrale. Celle-ci permet de séparer espaces d’accueil, ouverts sur la place, et bureaux du centre social à l’arrière du bâtiment qui profitent ainsi d’une plus grande intimité. Les deux bâtiments, répondant chacun aux spécificités de leur programme, sont unifiés par l’espace public que leur morphologie en L dessine.

 

Matérialité : Les deux bâtiments du projet, quasiment identiques, reprennent les codes de l’architecture normande. Ils illustrent une interprétation contemporaine de la matérialité de cet archétype. D’une part, la charpente en bois est optimisée. La structure, simplification des modèles traditionnels, est laissée apparente. Constituée de portiques en lamellé-collé d’une portée de 8 m, elle permet de dégager des volumes généreux. D’autre part, le revêtement en tuiles est continu du sol au sommet du toit. Conférant aux bâtiments une forte unité, cette enveloppe est constituée de tuiles de terre cuite, texturées et légèrement patinées. Celles-ci sont le fruit de la collaboration des architectes avec l’entreprise spécialisée Terreal.

 

Usine de fabrication, Terreal : Les architectes ont choisi de travailler conjointement avec le fabricant Terreal pour l’élaboration de la couverture des deux bâtiments du projet. Cette association valorise les circuits courts et propose une réponse concrète aux enjeux environnementaux auxquels l’architecture doit désormais répondre. En effet, les tuiles de terre cuite composant la couverture ont été réalisées sur le site de fabrication de Bavent situé dans le Canton de Cabourg. L’argile servant à leur confection provient de la carrière de l’usine. Au-delà de leur choix de reprendre les codes de l’architecture normande, Lemoal Lemoal prend le parti d’ancrer le projet dans son territoire en associant sa conception à un savoir-faire et une production locale.

 

Intervention paysagère : La palette végétale a été finement choisie pour offrir une harmonie colorimétrique entre les variations des couleurs de la tuile et les espaces plantés. Elle se compose de plusieurs variétés d’Heuchères, d’Astilbes et de Liatris mariés avec des plants d’Oyat et des Asphodelus Fistulosus qui offrent du volume persistant et de la légèreté à l’ensemble. La strate haute se décline par la plantation de cépées ponctuées dans chaque poche végétalisée afin d’offrir un couvert végétal à l’échelle des passants. Afin de gérer les eaux à la parcelle, le plan intègre la création de deux bassins de rétention de faible profondeur et plantés au droit des bâtiments. Ces deux éléments végétalisés accompagnent du cheminement central qui contraste par sa couleur doucement rosée. Les bandes stériles ceinturant les bâtiments ont été minutieusement travaillé pour s’harmoniser avec le projet architectural. Le choix s’est porté sur un gravier de marbre rose concassé 10/14.